Comment augmenter la libido chez une femme ?

04 June 2024 par Caroline Mahé
Comment augmenter la libido chez une femme ?

Sommaire


La baisse de libido chez la femme est rarement un problème isolé. C'est le plus souvent le résultat d'une combinaison de facteurs identifiables, hormonaux, physiologiques, psychologiques, sur lesquels il est possible d'agir. Comprendre le mécanisme derrière ton désir est la première étape pour le retrouver.

Ta libido a baissé et tu ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être que c'est venu progressivement, la fatigue, le quotidien, le stress, et un jour tu réalises que le désir n'est plus là comme avant. Peut-être que c'est lié à un changement hormonal, une grossesse, un nouveau contraceptif, la ménopause. Ou peut-être que tu n'arrives pas à mettre le doigt dessus, et c'est justement ça qui est frustrant.

Tu n'es pas seule. Les données cliniques montrent que 30 à 40% des femmes sont concernées par une baisse de désir à un moment de leur vie. Ce n'est pas un caprice, ce n'est pas « dans ta tête », et ce n'est pas non plus une fatalité. Le désir féminin est un mécanisme complexe, influencé par des facteurs concrets, comprendre ces facteurs, c'est déjà commencer à reprendre le contrôle.

Cet article ne va pas te lister 10 conseils génériques que tu as déjà lus ailleurs. On va t'expliquer ce qui se passe vraiment dans ton corps quand le désir baisse, pourquoi il fluctue, et quelles solutions existent selon ta situation, que tu aies 28 ans et que le stress te plombe, ou que tu sois en pleine ménopause.

Comprendre ta libido : ce n'est pas « que dans la tête »

Le rôle des hormones (oui, la testostérone aussi)

Quand on parle de libido féminine, on pense souvent aux œstrogènes. C'est logique, ils jouent un rôle important dans la lubrification, la sensibilité des zones érogènes et le bien-être général. Mais l'hormone du désir, c'est avant tout la testostérone.

Oui, chez la femme aussi. On en produit en quantité bien moindre que les hommes (environ 10 à 20 fois moins), mais elle est essentielle à la motivation sexuelle, à l'excitation et au plaisir. Quand la testostérone chute le désir suit.

Ton désir fluctue aussi naturellement avec ton cycle. Autour de l'ovulation (milieu de cycle), les taux d'œstrogènes et de testostérone sont au plus haut : beaucoup de femmes ressentent un pic de désir à ce moment-là. En phase lutéale (entre l'ovulation et les règles), la progestérone prend le dessus, elle a un effet calmant, parfois sédatif, qui peut éteindre l'envie. Ce n'est pas un dysfonctionnement. C'est ton cycle qui fait son travail.

Là où ça devient un problème, c'est quand la baisse de désir ne suit plus un pattern cyclique mais s'installe durablement. C'est souvent le signe que quelque chose d'autre entre en jeu et ce quelque chose, c'est très souvent le stress.

Le circuit du désir : pourquoi « attendre d'avoir envie » ne fonctionne pas toujours

On a longtemps pensé que le désir sexuel suivait un chemin linéaire : d'abord tu as envie, ensuite tu es excitée, ensuite tu passes à l'acte. C'est le modèle classique, celui de Masters et Johnson dans les années 60. Il décrit assez bien le fonctionnement masculin. Mais pour beaucoup de femmes, ça ne se passe pas comme ça.

En 2001, la psychiatre canadienne Rosemary Basson a proposé un modèle différent, aujourd'hui largement reconnu en sexologie. Son constat : chez de nombreuses femmes, surtout dans les relations de longue durée, le désir n'arrive pas en premier. C'est l'intimité, un contact, une conversation, un moment de connexion, qui crée l'excitation. Et c'est l'excitation qui réveille le désir.

Si tu attends de ressentir spontanément l'envie pour passer à l'acte, tu risques d'attendre longtemps, non pas parce que quelque chose ne va pas chez toi, mais parce que ton désir fonctionne en mode « réponse ». 

Ce modèle explique aussi pourquoi la routine tue le désir plus efficacement que n'importe quel déséquilibre hormonal. Quand il n'y a plus de contexte d'intimité, il n'y a plus de déclencheur. Et sans déclencheur, le désir réactif ne se manifeste pas.

La connexion corps-esprit : le stress n'est pas « psychologique », il est biochimique

Quand on dit à une femme que sa baisse de libido est « liée au stress », ça sonne souvent comme une non-réponse. Comme si c'était « dans sa tête » et qu'il suffisait de se détendre. Sauf que le lien entre stress et libido n'est pas vaguement psychologique, il est hormonal et mesurable.

Quand tu es stressée de façon chronique (charge mentale, surmenage, anxiété, manque de sommeil) ton corps produit du cortisol en continu. Le cortisol est l'hormone de survie qui mobilise tes ressources pour faire face à la menace perçue. Le problème, c'est que le cortisol et les hormones sexuelles partagent les mêmes précurseurs. Quand ton corps priorise la production de cortisol, il réduit celle de testostérone et d'œstrogènes. C'est un choix biologique : survie d'abord, reproduction ensuite.

Des études récentes confirment que les femmes sont particulièrement sensibles à cet effet. Des niveaux élevés de cortisol sont directement associés à une baisse du désir sexuel chez la femme parce qu'il supprime activement la production des hormones qui alimentent le désir.

C'est pour ça que « prends un bain et détends-toi » est un conseil insuffisant quand le stress est chronique. Ce n'est pas une question de relaxation ponctuelle, c'est une question d'équilibre hormonal à rétablir. Et ça passe par des actions concrètes : sommeil, activité physique, gestion du stress au long cours, et parfois un soutien en micronutrition pour accompagner le corps.

Le cercle vicieux est réel : le stress baisse ta libido, la baisse de libido crée de la frustration et de la culpabilité (surtout dans le couple), cette frustration génère du stress supplémentaire, qui baisse encore la libido. 

Pourquoi ta libido a baissé ?

Les fluctuations hormonales liées à ta vie reproductive

Ton désir n'est pas le même à 25 ans sous pilule, à 32 ans en post-partum et à 50 ans en périménopause. Tes hormones non plus ne sont pas les mêmes.

La contraception hormonale. Certaines pilules contraceptives augmentent la production de SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin), une protéine qui se lie à la testostérone et la rend inactive. Résultat : ta testostérone totale peut être normale sur une prise de sang, mais ta testostérone libre est au plancher et c'est elle qui agit sur ton désir. 

Le post-partum et l'allaitement. Après l'accouchement, les taux d'œstrogènes et de testostérone chutent brutalement. Si tu allaites, la prolactine reste élevée, et elle inhibe directement le désir sexuel. Ajoute à ça la fatigue, le manque de sommeil, les changements corporels, la charge mentale d'un nouveau-né. 

--> [La libido de la femme enceinte au fil des mois]

Le stress, la fatigue et la charge mentale

Le cortisol supprime la production de testostérone. Mais au-delà du mécanisme hormonal, il y a un aspect pratico-pratique que toutes les femmes connaissent : quand ta to-do list mentale tourne en boucle (les courses, le rendez-vous du petit, le dossier à finir, la machine à lancer), ton cerveau n'est tout simplement pas disponible pour le désir.

Ce n'est pas un manque de volonté. Le désir sexuel a besoin d'espace mental. Si il est constamment en mode « gestion », il n'y a pas de place pour le mode « intimité ». Et si en plus tu manques de sommeil, que ta fatigue est chronique, que tu tiens debout au café, ton corps n'a littéralement pas les ressources hormonales pour alimenter le désir.

Les antidépresseurs méritent aussi d'être mentionnés ici, prescrits pour la dépression et l'anxiété, ont un effet secondaire bien documenté sur la libido. Si tu es sous traitement et que tu constates une baisse de désir, parles-en à ton médecin.

Si ta baisse de désir est liée à la fatigue, au stress ou aux fluctuations hormonales, une approche par la micronutrition peut accompagner ton corps au quotidien. [Découvrir Oligobs Désir]

Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes, aux femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein et aux personnes sous traitement antidiabétique ou antihypertenseur.

La ménopause et la périménopause

La ménopause est probablement le moment où les changements sont les plus visibles. La chute des œstrogènes entraîne une sécheresse vaginale, un amincissement des muqueuses, une baisse de sensibilité. Les rapports peuvent devenir inconfortables, voire douloureux. Et quand le sexe fait mal, on évite, logique.

Mais ce n'est pas que mécanique. La testostérone diminue aussi progressivement à partir de la quarantaine, bien avant la ménopause installée. Le désir spontané peut s'estomper. Ça ne veut pas dire qu'il a disparu. Ça veut dire qu'il a besoin de plus de déclencheurs et d'un terrain physiologique favorable.

Le cercle vicieux est courant à la ménopause : sécheresse → douleur pendant les rapports → appréhension → évitement → perte d'habitude → baisse de désir. Chaque maillon renforce le suivant. Pour en sortir, il faut agir sur plusieurs fronts en parallèle : le confort intime, le désir lui-même, et l'énergie globale.

Ménocia Libido est formulé pour accompagner les femmes en pré-ménopause et ménopause. Le tribulus favorise le désir et l'épanouissement sexuel. Les vitamines B3 et B8 contribuent au maintien de muqueuses normales. Le ginseng participe aux sensations d'énergie, de vitalité et au bien-être physique et mental. [Découvrir Ménocia Libido]

Les causes relationnelles et psychologiques

Parfois, les hormones sont en place, le stress est gérable, la santé est bonne mais le désir n'est quand même pas là. C'est souvent le signe que le problème se situe au niveau de la relation ou du rapport à soi.

Le manque de communication dans le couple est un facteur sous-estimé. Quand les frustrations s'accumulent sans être dites, quand la sexualité devient un sujet de tension plutôt que de plaisir, quand la charge mentale est inégalement répartie. C'est un problème d'espace et non pas d'hormones.

L'image corporelle joue aussi un rôle majeur. Grossesse, poids, âge, le rapport au corps change, et avec lui la capacité à se sentir désirable. Ce n'est pas superficiel. Le désir a besoin d'un minimum de confort avec soi-même pour exister.

Pour ces situations, un complément alimentaire ne suffira pas. Une thérapie sexuelle, individuelle ou de couple, peut t'aider à identifier les blocages et à les travailler. Ce n'est pas un aveu d'échec, c'est probablement la démarche la plus efficace quand les causes ne sont pas physiologiques.

Ce qui marche vraiment (et ce qui ne marche pas)

Les aphrodisiaques naturels : le vrai du faux

Huîtres, chocolat noir, asperges, tu as probablement déjà vu ces listes d'aliments partout. Soyons honnêtes : pour la plupart, les preuves scientifiques sont faibles voire inexistantes. L'effet est souvent plus lié au rituel (un dîner aux chandelles, l'attention portée au plaisir) qu'à la molécule elle-même.

En revanche, certains actifs végétaux ont fait l'objet d'études cliniques et disposent d'allégations reconnues ou en cours de validation :

Le tribulus (Tribulus terrestris) favorise le désir sexuel et la capacité sexuelle. C'est l'un des actifs les plus étudiés en phytothérapie du désir féminin.

La damiana (Turnera diffusa) contribue à un bon appétit sexuel. Elle est utilisée traditionnellement en Amérique centrale.

Le ginseng (Panax ginseng) participe aux sensations d'énergie et de vitalité. Son action est plus globale, il ne cible pas le désir directement, mais il agit sur la fatigue et le bien-être physique et mental, qui sont souvent le terrain sur lequel le désir s'effondre.

Le zinc contribue au maintien d'un taux normal de testostérone dans le sang. C'est un oligo-élément essentiel dont beaucoup de femmes sont déficitaires, surtout en cas de fatigue chronique ou de stress.

La thérapie sexuelle : quand consulter ?

Si ta baisse de libido dure depuis plusieurs mois, si elle te fait souffrir ou si elle met ta relation en difficulté, consulter un sexologue ou un thérapeute de couple c'est souvent la démarche la plus utile que tu puisses faire.

Un sexologue peut t'aider à identifier si la cause est plutôt hormonale, psychologique ou relationnelle, t'aider à explorer le modèle de Basson (le désir réactif dont on a parlé plus haut) et à trouver comment créer les conditions du désir dans ton quotidien.

La thérapie hormonale : une option à discuter avec ton médecin

Le traitement hormonal substitutif (THS) peut être envisagé à la ménopause, notamment quand les symptômes (bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, baisse de désir) impactent significativement la qualité de vie. Il permet de compenser la chute des œstrogènes et peut avoir un effet indirect positif sur la libido en restaurant le confort intime.

Les gestes du quotidien qui comptent vraiment

L'activité physique. L'exercice régulier booste la production de testostérone et d'endorphines, réduit le cortisol, améliore l'image corporelle et la confiance en soi. 

Le sommeil. La privation de sommeil chronique effondre la testostérone et augmente le cortisol. Si tu dors moins de 7 heures par nuit régulièrement, c'est l'un des premiers facteurs à corriger.

La reconnexion avec ton corps. Se faire plaisir soi-même, par la masturbation, l'exploration de ses sensations, le temps pris pour soi. C'est un moyen concret de maintenir le circuit du désir actif, de mieux connaître ce qui te plaît, et de te reconnecter à ta sexualité en dehors de la pression du couple.

La communication avec ton partenaire. Exprimer ce dont tu as envie (et ce dont tu n'as pas envie), parler de la baisse de désir sans culpabilité, planifier des moments d'intimité sans que ce soit « forcé »

Explorer de nouveaux horizons. Explorer sa sexualité et ses fantasmes est une démarche essentielle pour atteindre une compréhension plus profonde de soi-même et pour enrichir sa vie sexuelle. Cette exploration permet de découvrir ce qui excite et stimule, ouvrant la porte à une multitude de nouvelles expériences et sensations.

En s'autorisant à fantasmer et à explorer ces scénarios en toute sécurité, que ce soit mentalement ou en les intégrant dans la vie sexuelle avec un partenaire consentant, on peut libérer des désirs souvent réprimés ou ignorés. Cela aide non seulement à pimenter la routine sexuelle, mais aussi à améliorer la communication et l'intimité dans le couple, en partageant et en réalisant des fantasmes communs


 

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Clayton AH, Valladares Juarez EM. Female Sexual Dysfunction. Medical Clinics of North America, 2019; 103(4): 681-698.

Kingsberg SA, Woodard T. Female sexual dysfunction: focus on low desire. Obstetrics & Gynecology, 2015; 125(2): 477-486.

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